Après la métallurgie, la fièvre des prix atteint le marché des matières plastiques. On relève, par exemple, + 30% sur le PVC depuis septembre en augmentation cumulée.

Face à cette situation inédite, l’Union Plasturgie Bâtiment a publié une lettre ouverte au ministre de l’Économie, des finances et de la relance. Elle y affirme que « les transformateurs de certaines matières plastiques se trouvent actuellement confrontés à une pénurie des matières premières, les mettant dans l’incapacité de pouvoir honorer leurs commandes ».

Alors que ces entreprises se relèvent de la crise sanitaire, une autre s’amorce. L’ampleur et la durée de cette flambée surprennent tous les acteurs, mais c’est surtout l’incertitude qui pèse sur chacun d’entre eux.

Les origines de la pénurie

Pour remonter aux origines de cette crise, il faut revenir au printemps dernier, la faute bien sûr à cette crise sanitaire, qui n’en finit plus.

«  Les plannings de maintenance n’ont pu pas être assurés chez les producteurs de résine. Quand il a fallu reprendre avec un effet de surchauffe, il y a eu de nombreuses pannes », explique Élisabeth Charrier, déléguée générale du Syndicat national de l’extrusion plastique (SNEP).

La météo a aussi joué des siennes. Le Texas et la Louisiane ont été touchés par une grande vague de froid qui a mis à l’arrêt les productions américaines. Lorsqu’elles ont redémarré, elles ont d’abord servi leurs marchés.

En Europe, la montée des eaux du Rhône a compromis les livraisons par barge. Résultat : dès septembre 2020, la spéculation a commencé. Une flambée entretenue de manière artificielle par la peur du manque.

Covid-19 : comment faire face à la volatilité du marché ? >

 

Des approvisionnements difficiles

Cette peur de manquer se voit légitimée par des délais d’approvisionnement qui se sont considérablement rallongés voire des commandes annulées. Dans ce contexte incertain et de pandémie, les producteurs de matières premières se doivent de fournir en priorité les marchés stratégiques, dont celui de la santé, mais aussi les clients clés.

Face à ces difficultés, l’heure est donc à la révision des carnets de commandes : prioriser les livraisons, recomposer les recettes, négocier avec les clients…

D’un côté, les transformateurs subissent les effets de la pénurie qui engendre délais, reports voire annulations. De l’autre, il doivent jongler avec les attentes clients et les éventuelles pénalités pour retard de livraison des commandes.

 

Médiations et visibilité

 « Que les pouvoirs publics nationaux jouent le rôle de médiation. En demandant aux producteurs de donner de la visibilité sur leur situation, en toute transparence. En demandant aux clients d’être solidaires et de ne pas appliquer des pénalités si un chantier n’est pas livré à temps. Ceci pour permettre à chaque acteur de la chaîne de temporiser, de s’adapter à la situation et de lever l’incertitude. La pénurie des plastiques touche tous les marchés finaux : construction, génie civil, emballage mais aussi la santé et le matériel médical. » Elisabeth Charrier, déléguée générale du SNEP

Le besoin est clair : visibilité et synchronisation sur l’ensemble de la chaîne pour permettre à chacun de s’organiser en conséquence. Mais l’État, s’il est un tiers de confiance, peut-il tout de même répondre à cette attente : est-il équipé pour le faire ? Si les acteurs sont internationaux, un gouvernement peut-il être le garant de cette visibilité ?

Il est clair que la synchronisation de la chaîne d’approvisionnement est un enjeu majeur et qu’il faut au secteur repenser structurellement sa supply chain pour sortir de cette crise. Le Covid dont les effets se font sentir depuis plus d’un an a été un révélateur du besoin de transparence, collaboration et synchronisation de nos supply chains étendues.

 

LES ENJEUX DE L'INDUSTRIE FACE AU COVID

 

Pour savoir comment faire face aux pénuries et améliorer la visibilité sur la supply chain étendue, inscrivez-vous à notre prochain à notre webinaire >