L’industrie du luxe, bien que largement impactée par la crise sanitaire et les confinements en série, restera, pour les années à venir, un secteur à forte croissance. Cette croissance s’accompagne cependant d’une prise de conscience écologique des consommateurs largement appuyée par les nouvelles générations. 

D’après une étude menée par le Boston Consulting Group, 64% des futurs consommateurs issus de la génération Z veulent des entreprises engagées. L’exigence écologique se répand et nourrit maintenant une forte attente des consommateurs pour que les maisons du luxe prennent en compte des démarches écologiques et de développement durable.

 

Des mutations pour une industrie plus verte

Parmi les sujets les plus délicats figurent la souffrance animale, l’origine des matières premières et le gâchis lié aux surplus. Depuis des années, de nombreuses Maisons s’inscrivent dans une démarche durable afin de répondre à ces problématiques. Il convient de citer Stella McCartney, qui milite pour une mode durable, Kering, qui a fait du développement durable son axe stratégique de développement pour les années à venir, et LVMH, qui s’engage à fournir une traçabilité de ses matières animales d’ici 2025. Nous pouvons ainsi nous réjouir que le temps de la mode « verte » ne soit plus seulement un argument marketing, mais un paramètre nécessaire intégré à toutes les étapes de la chaîne de valeur de l’industrie du luxe.

Mais est-ce suffisant ? Bien que les sujets de souffrance animale et d’origine des matières premières font l’objet d’une grande sensibilisation des acteurs de l’industrie, l’opacité des stocks des enseignes du luxe reste une importante zone d’ombre. En effet, le luxe rime bel et bien toujours avec gâchis, surplus et destruction.

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Le luxe, une industrie encore opaque

Le 3 avril 2020, le designer Italien Giorgio Armani dans une lettre ouverte publiée dans le Women’s Wear Daily, s’insurgeait contre le gaspillage et la surproduction des collections des enseignes du luxe. Cela va bien sans nous rappeler l’épisode de Burberry qui, en 2018, avait admis avoir incinéré des millions d’euros de stocks inutilisés. Une pratique malheureusement encore courante parmi les marques de luxe.

Alors, quels sont les moyens dont ces marques disposent pour réduire le gaspillage sans faire face à des pénuries ? D’autant plus qu’à partir du 10 février 2022, la destruction d’invendus non alimentaires sera formellement interdite. L’upcycling est une autre possibilité : ainsi, Louis Vuitton proposera 25 looks pour sa collection masculine printemps-été 2021 issus de matières existantes, puisées dans ses stocks et surplus. D’autres enseignes prennent ce tournant de l’économie circulaire. 

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Cependant, cela représente encore seulement une infime partie des surplus des collections passées. Il faudra d’autres solutions plus impactantes et plus structurelles pour éviter les gâchis quantifiés en surplus de stocks et assainir les chaînes d’approvisionnement. Si la production du luxe reste par définition manuelle, la supply chain qui porte ce secteur doit par contre se réinventer et se digitaliser pour répondre à ces nouveaux enjeux.

L’utilisation d’algorithmes puissants, basés sur l’intelligence artificielle, permet déjà à de nombreuses entreprises de mieux mesurer l’incertitude de la demande et donc de fournir des prévisions de consommation bien plus précises afin d’optimiser les stocks. Ces nouveaux logiciels représentent une solution de premier plan pour réduire les surplus, limiter les gâchis et se préparer à la nouvelle loi de 2022.