La crise sanitaire a profondément impacté l’économie mondiale. En première ligne, l’industrie automobile a souffert dans une période où plus d’un tiers de la population était confinée chez elle. Tout le secteur s’est préparé à une crise qui s’annonçait durable : les prévisions ont été revues à la baisse, les budgets réduits, les stocks cédés et les commandes suspendues.

Et pourtant, la filière automobile s’est relevée plus vite que prévu. Trop vite d’ailleurs pour un grand nombre de fournisseurs de ce secteur, en particulier pour les fabricants de semi-conducteurs.

 

Les semi-conducteurs voient leur demande augmenter depuis plusieurs années. Au-delà de l’industrie automobile où ils représentent plus de 40% du coût de production selon Deloitte, ces puces se retrouvent aujourd’hui dans la quasi-totalité des appareils électroniques domestiques : smartphones, consoles de jeux, objets connectés, électroménager, box internet… Or tous ces produits électroniques ont vu leur demande exploser avec la sédentarité du confinement, comblant ainsi largement le vide laissé par l’industrie automobile. Dès le début de l’automne 2020, les tensions sur l’approvisionnement de ces composants clés ont même conduit Apple à reporter la sortie de sa dernière génération de smartphones.

Cependant, cette saturation des capacités mondiales de production n’est que la première partie du problème. Les puces employées pour une PS5 ou pour un tableau de bord ne sont pas identiques et les fabricants ont dû modifier les lignes de production pour s’adapter à cette modification du marché. Ainsi, lorsque l’industrie automobile est repartie, la production mondiale de semi-conducteurs s’était tournée vers d’autres débouchés une autre destination. Et ces changements n’étaient pas anodins : le passage de la production d’un type de puce à un autre nécessite plusieurs semaines, voire plusieurs mois de maintenance dans les usines. La rapidité du rebond de l’automobile a surpris les fabricants de puces, incapable de suivre la cadence et le goulot d’étranglement a conduit à la pénurie.

 

Cette crise de l’offre a également été aggravée par d’autres facteurs. Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis ont notamment conduit Washington à bloquer les ventes de puces américaines à certains acteurs chinois. Des entreprises comme Huawei ont donc entamé la constitution de stocks de semi-conducteurs, contribuant un peu plus à la perturbation de la demande. 

Enfin, pour ne rien arranger, des évènements ponctuels sont venus complexifier davantage la production et l’approvisionnement de ces composants : incendie dans l’usine de l’un des plus gros fabricants, vague de froid dans le sud des États-Unis, blocage du canal de Suez…

 

L’approvisionnement en semi-conducteurs est devenu un sujet stratégique pour les industries et donc pour les États. Dans une période où les mots de souveraineté technologique et de résilience raisonnent un peu partout dans le monde, les investissements se multiplient dans les capacités de production de ces composants clés. La construction d’un nouveau site de production nécessitant cependant plusieurs années et des milliards de dollars, la pénurie risque de se prolonger pendant encore de longs mois…

Si les capacités de production sont le principal facteur limitant dans cette crise, son impact aurait pu être réduit en investissant davantage dans la résilience des supply chains. Des outils comme l’intelligence artificielle permettent aujourd’hui un meilleur pilotage face à une demande complexe et volatile. Surtout, une meilleure collaboration entre les différents maillons de la supply chain aurait permis aux acteurs d’anticiper le rebond dans l’industrie automobile et de prendre des décisions en amont.

 

Les chaînes de fabrication de la Peugeot 308 se sont par exemple adaptées au contexte de pénurie après des semaines d’arrêt. En remplaçant les nouveaux compteurs numériques, consommateurs en puces, par les anciens systèmes à aiguille, les chaînes de production ont pu repartir.

Davantage de visibilité sur l’amont aurait donc permis à Peugeot une meilleure réactivité dans la prise de décision et aurait pu potentiellement éviter l’arrêt de la chaîne de production. D’après EY, l’amélioration de la visibilité est d’ailleurs la priorité numéro un des décideurs sur les trois prochaines années. Des outils permettent d’ores et déjà de répondre à ce besoin. Aux entreprises de s’équiper désormais ; la capacité de résilience lors des prochaines crises en dépend.

 

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